En 2019, j’ai lancé mon premier sommet en ligne. J’avais une liste de 1 300 contacts, un blog qui tournait depuis trois ans sans grands résultats et une certitude : je voulais donner un coup d’accélérateur à mon activité.
Le résultat a dépassé tout ce que j’imaginais. 27 000 inscrits. 31 experts interviewés. Près de 75 000 € de chiffre d’affaires. Des partenariats qui durent encore aujourd’hui.
Mais si je suis honnête, et c’est le but de cet article, ce premier sommet ne s’est pas déroulé sans sueur froide, sans erreurs de jugement et sans quelques moments où j’ai sérieusement douté de m’être lancé dans cette aventure.
Depuis, j’ai organisé huit sommets et accompagné des dizaines d’entrepreneurs dans la création du leur. À chaque édition, j’ai appris quelque chose. Et avec le recul, il y a une poignée de leçons que j’aurais adoré connaître avant de commencer.
Cet article, c’est la conversation que j’aurais voulu avoir avec un organisateur expérimenté la veille de mon premier lancement…
Leçon 1 : ta thématique fait 80 % du travail (et tu la choisis souvent trop vite)
Quand j’ai préparé mon premier sommet, j’ai passé des semaines sur la technique, sur les emails, sur les pages d’inscription. Et j’ai choisi ma thématique en une demi-seconde.
C’était exactement l’inverse de ce qu’il fallait faire.
J’ai eu la chance de tomber sur une thématique qui fonctionnait. Mais j’ai vu depuis des dizaines d’organisateurs se planter sur ce point. Et quand la thématique n’est pas la bonne, aucun effort marketing ne rattrape le tir. Tu peux avoir les plus beaux emails du monde : si le sujet ne fait pas vibrer ton audience, personne ne s’inscrit.
Ce que j’aurais aimé savoir, c’est que la thématique d’un sommet ne doit pas être un copier-coller de ton expertise. Elle doit être légèrement décalée. Ce que j’appelle aujourd’hui une thématique-magnet : assez proche pour que ton audience s’y retrouve, assez large pour que tu puisses inviter des profils variés sans te faire éclipser.
Mon conseil : passe 60 % de ton temps de préparation stratégique sur la thématique et le choix des intervenants. Les 40 % restants sur tout le reste. C’est contre-intuitif, mais c’est ce qui détermine le succès.
Leçon 2 : l’intervenant « facile » n’est pas toujours le bon
Pour mon premier sommet, j’ai fait ce que font tous les débutants : j’ai commencé par contacter les gens que je connaissais. Des amis, des collègues, des personnes de mon réseau proche. C’était confortable. C’était rapide. Et c’était une erreur stratégique.
Ne te méprends pas. Certains de ces intervenants étaient excellents. Mais en restant dans mon cercle, j’ai raté deux choses essentielles.
D’abord, la diversité. Un casting composé uniquement de profils similaires (même parcours, même approche, même niveau de notoriété) produit un sommet prévisible. Les participants ont l’impression de voir la même intervention en boucle, avec des variations mineures.
Ensuite, l’effet de halo. Le sommet prend une tout autre dimension quand tu as des intervenants d’un niveau de notoriété différent du tien. Leur présence crédibilise l’ensemble de l’événement. Et toi avec. C’est ce qu’on décrit dans la Matrice de l’Autorité : en t’affichant aux côtés d’experts reconnus, tu grimpes dans la perception de ton marché.
J’ai aussi appris à mes dépens qu’il faut cadrer les intervenants. Un expert brillant à qui tu dis « parle de ce que tu veux » va te livrer sa présentation standard. Celle qu’il fait partout. Ça n’a rien de mémorable. En revanche, un expert à qui tu dis « dans mon sommet, tu interviens à ce moment précis pour apporter cet éclairage spécifique » va te livrer du contenu unique et aligné.
Mon conseil : ose contacter des gens que tu ne connais pas. Les organisateurs qui réussissent sont ceux qui sortent de leur zone de confort relationnelle, pas ceux qui se contentent de leur carnet d’adresses. Et pour chaque intervenant, prépare un brief clair : sujet, angle, durée, public.

Leçon 3 : le pricing du pack, c’est de la stratégie (pas du pifomètre)
C’est l’un de mes plus grands regrets sur mon premier sommet. J’ai fixé le prix de mon pack replay presque au hasard. Je me suis dit : « 47 €, ça paraît raisonnable. » Et j’ai lancé avec ça.
Le pack s’est vendu. Très bien, même. Et c’est justement là le problème : quand un produit se vend trop facilement, c’est souvent qu’il est sous-évalué. Je l’ai réévalué 4 fois tout au entre l’ouverture des portes et la fin du sommet.
Avec le recul et plusieurs sommets au compteur, j’ai compris que le pricing du pack n’est pas une décision isolée. Il s’inscrit dans une stratégie de monétisation plus large : que contient le pack ? Quel est le public visé ? Y a-t-il une offre d’upsell derrière ? Le sommet est-il gratuit, payant ou hybride ?
Chaque réponse influence le prix optimal. Et ce prix optimal influence directement ton chiffre d’affaires. La différence entre un pack à 47 € et un pack à 97 € avec les bons bonus, sur 500 ventes, c’est 25 000 € d’écart !
Mon conseil : ne fixe pas ton prix en te basant sur ce qui paraît raisonnable. Construis d’abord la valeur perçue du pack (replays + bonus exclusifs + éléments téléchargeables) puis fixe un prix qui reflète cette valeur. Et prévois un tarif early bird pendant le sommet avec une hausse programmée après la clôture. Ça crée de l’urgence sans être agressif.
Leçon 4 : la technique ne sera jamais parfaite (et c’est OK)
Ah, la technique. Le cauchemar numéro un de tous les organisateurs débutants (ou non).
Je vais être direct : il y aura des bugs. Un lien qui ne fonctionne pas. Une vidéo qui met du temps à charger. Un email de confirmation qui part avec une faute dans le prénom. Un participant qui ne trouve pas la page du jour 3.
Lors de mon premier sommet, j’ai vécu un moment de panique quand des participants m’ont écrit pour me dire qu’ils n’arrivaient pas à accéder à une interview. J’ai passé une heure à diagnostiquer le problème, à répondre aux emails, à corriger le tir, pendant que le reste du sommet tournait.
Ce que j’aurais aimé savoir, c’est que ces incidents sont normaux. Ils arrivent à tout le monde. Et dans 99 % des cas, ils n’ont aucun impact sur le résultat global du sommet. Les participants sont beaucoup plus indulgents qu’on ne le croit, à condition que tu communiques rapidement et que tu corriges.
L’erreur, ce n’est pas le bug. L’erreur, c’est de retarder son lancement de trois mois parce qu’on veut que tout soit techniquement impeccable. Ou de passer 80 % de son énergie sur la technique et 20 % sur le contenu et la promotion. Alors que c’est exactement l’inverse qui détermine le succès.
Mon conseil : fais deux répétitions générales avant le lancement. Teste tous les liens, tous les emails, tout le parcours d’inscription. Ça élimine 80 % des problèmes. Pour les 20 % restants, prépare un plan B écrit : si X ne fonctionne pas, je fais Y. Et surtout, ne laisse pas la peur de la technique t’empêcher de te lancer. Un sommet avec un petit bug technique mais un excellent contenu vaut infiniment mieux qu’un sommet parfait techniquement qui n’existe que dans ta tête.
Leçon 5 : tu ne peux pas tout faire seul (même si tu crois que si)
Premier sommet. Trente et un intervenants. Des centaines d’emails. Plus de 70 pages à créer. La promotion à gérer. Les interviews à enregistrer. Le montage. Le support technique. Les relances. Le jour J à animer.
J’ai essayé de tout faire seul.
C’est faisable. Mais c’est épuisant. Et au bout d’un moment, la qualité en souffre. Tu fais du bon partout au lieu de faire de l’excellent sur les choses qui comptent vraiment.
Ce que j’ai compris au fil des éditions, c’est qu’il y a des tâches que toi seul peux faire : choisir la thématique, sélectionner les intervenants, porter la vision éditoriale, animer les interviews. C’est là que ta valeur est irremplaçable.
Et il y a des tâches que quelqu’un d’autre peut très bien faire à ta place : le graphisme, la mise en page, la programmation des emails, le montage vidéo, la gestion du support technique le jour J. C’est là qu’il faut déléguer ou automatiser.
Mon conseil : même avec un budget serré, identifie une seule chose que tu pourrais déléguer et qui te libérerait le plus d’énergie. Un assistant virtuel pour quelques heures, un prestataire technique pour la mise en ligne, un ami doué en montage. Ce petit investissement peut transformer l’expérience. La tienne et celle de tes participants.
Leçon 6 : le vrai sommet commence APRÈS le sommet
C’est probablement la leçon la plus importante et celle que j’ai le plus longtemps ignorée.
Pendant mon premier sommet, toute mon énergie était concentrée sur l’événement lui-même : les 10 jours de diffusion, les inscriptions, les ventes du pack. Et quand le sommet s’est terminé, j’ai poussé un grand soupir de soulagement… enfin fini !
Erreur monumentale.
Ce que j’avais entre les mains à la fin du sommet, c’était un actif colossal : des milliers de nouveaux inscrits qualifiés, une relation naissante avec chaque intervenant, des heures de contenu premium enregistré et une réputation toute neuve dans ma niche.
Et je n’avais quasiment rien prévu pour capitaliser dessus.
Pas de séquence email post-sommet structurée, pas de proposition claire pour la suite, pas de démarche systématique pour entretenir les relations avec les intervenants. C’est comme cultiver un jardin magnifique et oublier de récolter les fruits.
Depuis, c’est devenu l’un de mes messages les plus insistants auprès de nos clients : la vraie rentabilité se joue après le sommet. C’est là que tu transformes un événement ponctuel en dynamique de croissance durable.
Mon conseil : avant même de lancer ton sommet, prévois ce qui se passe après avec la prochaine étape que tu proposes. Côté intervenants, envoie un message personnel de remerciement et propose une suite (affiliation croisée, webinaire commun, invitation réciproque,…). Le sommet est la graine. L’après-sommet est l’arrosage.
Leçon 7 : ton premier sommet ne sera pas parfait et c’est exactement comme ça que tu progresseras
Si je devais résumer tout ce que j’ai appris en une phrase, ce serait celle-ci : la perfection est l’ennemie du sommet.
Mon premier sommet avait une thématique qui aurait pu être plus fine. Un pack qui aurait pu être mieux valorisé. Une gestion post-événement qui aurait pu être plus structurée. Et malgré tout ça, il a transformé mon activité.
Parce que le simple fait d’avoir organisé l’événement a créé un avant / après dans mon parcours. Avant le sommet, j’étais un entrepreneur parmi d’autres. Après, j’étais l’organisateur qui a réuni 31 experts et 27 000 inscrits. Mon positionnement sur la Matrice de l’Autorité avait changé en quelques semaines.
Ce que le perfectionnisme t’empêche de voir, c’est que chaque sommet est une itération. Le premier pose les fondations. Le deuxième affine. Le troisième optimise. Et à chaque édition, tu deviens meilleur en organisation, en animation, en stratégie, en relation avec tes intervenants.
Les entrepreneurs qui réussissent le mieux avec le format sommet ne sont pas ceux qui ont fait un premier événement parfait. Ce sont ceux qui ont osé lancer un premier événement imparfait, puis qui ont appris et recommencé.
Ce que je referais exactement de la même façon
Pour finir sur une note positive, parce que cet article peut donner l’impression que tout a été difficile, ce qui est loin d’être le cas, voici ce que je ne changerais pour rien au monde dans mon premier sommet.
J’ai choisi de donner massivement. L’accès au sommet était gratuit. Le contenu était dense, généreux, sans rétention. Les participants ont reçu une valeur énorme sans rien débourser. Et c’est exactement ça qui a construit la confiance, les ventes et la fidélité. C’est la philosophie du donner avant de recevoir en action.
J’ai traité mes intervenants comme des invités de marque. Pas comme des prestataires. Pas comme des contenus à extraire. Comme des êtres humains avec qui je construisais quelque chose ensemble. C’est l’esprit collaboratif qui fait la force du format et certains de ces intervenants sont devenus des amis proches et des partenaires de long terme.
J’ai lancé avant d’être prêt. Parce que si j’avais attendu de tout maîtriser, j’attendrais encore.
La balle est dans ton camp
Voilà. Tu sais maintenant ce que j’aurais aimé qu’on me dise avant de me lancer. Les galères, les erreurs, les surprises et les leçons qui en découlent.
Si tu retiens une seule chose de cet article, que ce soit celle-ci : tu n’as pas besoin d’être prêt. Tu as besoin de commencer. Le reste, tu l’apprendras en chemin.
Et si tu veux un raccourci pour éviter les erreurs que j’ai commises, inscris-toi à notre atelier gratuit. C’est la version condensée de tout ce que huit sommets et des centaines d’heures d’accompagnement m’ont appris.
Ton premier sommet ne sera pas parfait. Mais il pourrait bien être le début de tout.



Merci pour toutes ces informations précieuses, des idées émergent! Je vais prendre pas mal de notes sur un sujet auquel je viens de penser autour de ma niche 🙂 merci pour cet article qui donne envie de se lancer!
Super, c’est l’objectif de cet article ! Nous sommes ravis que tu trouves de l’inspiration pour créer ton événement !
Merci à vous 2 pour cet échange honnête et généreux. Il y a de nombreuses pépites ici. J’adore l’idée des sommets et vais aussi me lancer. Je vous souhaite le meilleur et à bientôt.
Avec plaisir !
N’hésite pas à revenir vers nous si tu as des questions.
Excellent ! Ravi d’avoir lu ceci.
Merci beaucoup !
Est-ce qu’il y a un point qui t’a plus parlé dans cet article ?