Tu as ta thématique. Tu vois déjà le programme de ton sommet prendre forme dans ta tête. Et puis tu ouvres un tableur vide, tu écris « Liste d’intervenants » en haut de la colonne A… et le curseur clignote dans le vide.
Trois noms te viennent spontanément. Peut-être cinq si tu creuses. Mais tu vises 15 à 25 intervenants pour ton sommet. Et la petite voix familière s’installe : « Je ne connais pas assez de monde. Je n’ai pas le réseau pour ça. »
Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’un réseau existant pour constituer une liste d’intervenants de rêve. Tu as besoin d’une méthode. Une méthode qui transforme un tableur vide en une liste de 50 noms qualifiés. Parmi lesquels tu choisiras les 15 à 25 qui feront de ton sommet un événement exceptionnel.
C’est exactement ce qu’on va construire ensemble dans cet article. Un processus structuré, étape par étape.
Pourquoi viser 50 noms quand tu en as besoin de 20
La question est légitime. Si ton sommet réunit 20 intervenants, pourquoi constituer une liste de 50 ?
Parce que le recrutement d’intervenants fonctionne comme un entonnoir. Sur 50 personnes contactées, voici ce qui se passe en pratique : une quinzaine ne répondront pas (malgré ta relance). Cinq à dix déclineront pour des raisons de calendrier, de charge de travail ou de désintérêt. Quelques-uns accepteront mais se désisteront en cours de route. Et tu ne voudras pas retenir tout le monde. Certains profils, en creusant, ne correspondent pas à ta vision éditoriale.
Sur 50 contacts, tu obtiens 20 à 25 intervenants confirmés. C’est exactement ce qu’il te faut. Et surtout, tu n’es pas en position de dépendance vis-à-vis de quelqu’un qui hésite ou qui tarde à répondre. Tu as des options, tu choisis. Au lieu de supplier.
L’autre avantage d’une liste large, c’est qu’elle te force à sortir de ta bulle. Les 5 premiers noms qui te viennent en tête sont souvent les plus évidents. Ceux que tout le monde connaît dans ta niche. Les 45 suivants, c’est là que tu trouves les pépites : des experts moins visibles mais brillants, des profils atypiques qui enrichiront ton programme, des voix émergentes que ton audience ne connaît pas encore. C’est cette diversité qui donne à un sommet sa richesse et son esprit collaboratif unique.
Étape 1 : définir ton profil d’intervenant idéal avant de chercher
Ouvrir YouTube et taper les mots-clés de ta thématique, c’est tentant. Mais c’est mettre la charrue avant les bœufs. Avant de chercher qui inviter, tu dois savoir ce que tu cherches.
Les quatre questions à te poser
Quelle expertise spécifique ? Oublie le “quelqu’un qui s’y connaît en marketing”, pense à “quelqu’un qui maîtrise les séquences email pour une audience de thérapeutes”. Plus tu es précis.e sur les sous-sujets que tu veux couvrir, plus ta recherche sera efficace. Ton fil rouge éditorial est ta boussole ici : chaque intervenant doit être une pièce du puzzle, pas une pièce en doublon.
Quel niveau d’audience ? Tu n’as pas besoin que chaque intervenant ait 100 000 abonnés. En réalité, le mix idéal combine trois profils : deux ou trois « locomotives » (des noms reconnus qui attirent l’attention et crédibilisent l’événement), une majorité de solides (des experts avec une audience modeste mais engagée, entre 1 000 et 10 000 contacts), et quelques étoiles montantes (des profils émergents avec peu d’audience mais un contenu remarquable).
Quelle capacité de promotion ? C’est un critère que beaucoup d’organisateurs débutants oublient. Or, tes intervenants sont aussi ton principal levier de promotion. Chacun communique auprès de sa communauté pour remplir ton sommet. Un expert qui a 5 000 abonnés mais qui n’envoie jamais d’email t’apportera peu d’inscrit. Un créateur avec 2 000 abonnés qui envoie un email dédié peut t’en apporter 200. L’engagement et les habitudes de communication comptent aussi. C’est un sujet que nous développons dans notre guide sur la promotion de ton sommet.
Quelle diversité de perspectives ? Un programme où les 20 intervenants disent la même chose avec les mêmes mots, c’est un somnifère. Cherche des parcours variés : des approches différentes, des spécialités complémentaires, des profils qui ne se côtoient pas habituellement. Pense homme/femme, junior/senior, théoricien/praticien, francophone de France/Québec/Belgique/ Suisse/Afrique. C’est cette mosaïque qui rend un sommet mémorable.
Crée ta grille de critères
Avant de commencer la recherche, formalise tes critères avec des mots simples.
Mon sommet porte sur [thématique]. Je cherche des intervenants qui couvrent les sous-sujets suivants : [liste de 8 à 12 sous-sujets alignés avec ton programme]. Le profil idéal a une audience de [fourchette], publie régulièrement du contenu en français, et a une habitude de communication avec sa communauté (email, réseaux, podcast). Je vise [nombre] intervenants au total, dont [nombre] têtes d’affiche et [nombre] profils émergents.
Ce cadre te sert de filtre tout au long de ta recherche. À chaque nom que tu trouves, tu le passes dans cette grille : est-ce qu’il coche les cases ? Si oui, il entre dans la liste. Si non, et que son sujet n’est pas ultra pertinent, tu passes au suivant.

Étape 2 : 7 terrains de chasse pour trouver tes intervenants
Une fois ton profil idéal défini, il est temps de partir en exploration. Voici les sept sources que nous utilisons systématiquement.
Les podcasts de ta niche
C’est la mine d’or la plus sous-exploitée. Ouvre Apple Podcasts ou Spotify, tape les mots-clés de ta thématique et explore les émissions qui s’adressent à ton audience cible. Chaque épisode est une audition grandeur nature : tu entends l’invité parler, tu évalues sa capacité à transmettre, tu vois comment il interagit. En 30 minutes d’écoute, tu sais si cette personne ferait un bon intervenant pour ton sommet. Bien mieux qu’en lisant sa bio LinkedIn.
YouTube et les créateurs vidéo
Même logique que les podcasts, en version visuelle. Tape tes mots-clés, filtre par vidéos récentes, et regarde qui crée du contenu de qualité en français sur ton sujet. L’avantage de YouTube : tu vois directement le nombre de vues et d’abonnés, ce qui te donne une indication de la taille d’audience. Et tu peux évaluer la qualité de présentation. Un critère fondamental pour un sommet vidéo.
Les formations et programmes en ligne
Les formateurs qui vendent des cours sur ta thématique sont des candidats naturels. Ils ont une expertise reconnue (leurs clients les payent pour ça), une audience qualifiée (leur liste email) et un intérêt commercial à être devant tes participants (visibilité pour leur offre). Explore les plateformes de formation, les pages de vente qui apparaissent dans tes recherches et les publicités que tu vois passer. Malheureusement il n’est pas rare que certains aient les yeux plus gros que le ventre…
Les réseaux sociaux et les groupes
Instagram, LinkedIn, Facebook,… chaque plateforme a ses communautés thématiques. Explore les hashtags pertinents, les groupes Facebook actifs dans ta niche, les publications qui génèrent de l’engagement. Les personnes qui publient régulièrement, qui suscitent des commentaires et qui partagent du contenu de valeur sont de bons candidats potentiels.
Sur LinkedIn en particulier, regarde les posts viraux de ta thématique. Si quelqu’un obtient des centaines de réactions sur un post lié à ton sujet, c’est qu’il a une voix qui porte.
Les livres et les blogs
Les auteurs de livres récents dans ta niche cherchent de la visibilité pour leur ouvrage. Un sommet est une opportunité parfaite pour eux. Et un auteur publié apporte une crédibilité supplémentaire à ton programme. Explore Amazon, les blogs spécialisés et les articles invités sur les médias de ta thématique.
Les sommets et événements existants
Si d’autres sommets, conférences ou événements en ligne existent dans des thématiques proches de la tienne, explore leurs programmes. Les intervenants de ces événements ont déjà prouvé qu’ils sont à l’aise avec le format et ouverts à ce type de collaboration. Attention : ne copie pas un programme ! Inspire-toi des profils pour enrichir ta propre recherche.
Ton réseau faible (même modeste)
Ne sous-estime jamais tes contacts actuels. Un ancien collègue, un membre de ta formation, une connaissance croisée lors d’un événement en ligne, un abonné qui commente régulièrement tes publications, un voisin ! Certaines des meilleures collaborations naissent de connexions à laquelle nous ne pensions pas. Ton réseau, aussi petit soit-il, est un terreau fertile. Et chaque sommet que tu organises l’enrichit de manière exponentielle. C’est tout le mécanisme de l’effet réseau et du cercle d’influence.
Étape 3 : organiser ta liste pour travailler efficacement
Tu as maintenant des dizaines de noms. Il faut les structurer. Ouvre un tableur (Google Sheets fait parfaitement l’affaire) et crée les colonnes suivantes :
Nom : prénom et nom de l’expert.
Sous-sujet : Le thème spécifique qu’il pourrait couvrir dans ton sommet. Parfois un même expert pourrait traiter deux ou trois sujets. Note-les tous, tu affineras après.
Canal de contact : email (idéal), DM Instagram, message LinkedIn, formulaire de contact. Note le canal où tu as le plus de chances d’obtenir une réponse.
Score de priorité : note de 1 à 5 basée sur la pertinence thématique, la taille d’audience, et le potentiel de promotion. Les 5/5 sont tes premiers contacts, les 3/5 tes plans B.
Audience estimée : taille approximative (liste email si tu arrives à l’estimer, nombre d’abonnés sur les réseaux, nombre de vues YouTube). Pas besoin d’être précis. C’est un ordre de grandeur.
Statut : pas contacté / Contacté / Relancé / Confirmé / Décliné. Ce suivi est vital quand tu gères 50 contacts en parallèle.
Notes : tout ce qui peut t’aider à personnaliser ton message d’invitation : un épisode de podcast que tu as aimé, un post qui t’a marqué, un point commun entre vous.
Cette dernière colonne est stratégique. Quand tu écriras ton email d’invitation, c’est là que tu piocheras la phrase personnalisée qui fera la différence entre un message générique (ignoré) et un message qui touche (qui obtient un “oui”). Notre guide complet sur les intervenants détaille l’art du message d’invitation.
Étape 4 : prioriser et séquencer tes prises de contact
Tu as 50 noms classés et notés. Résiste à l’envie d’envoyer 50 emails le même jour. Le recrutement se fait en vagues successives et c’est beaucoup plus efficace.
Tes « locomotives » (semaine 1)
Contacte d’abord tes 5 à 8 profils les mieux notés. Les noms les plus reconnus, les audiences les plus grandes. Pourquoi commencer par eux ? Parce que leurs noms, une fois confirmés, deviennent un argument de poids pour convaincre tous les suivants. “X et Y ont déjà confirmé leur participation” dans ton email d’invitation change radicalement la perception de ton événement.
Tes « solides » (semaines 2-3)
Une fois que tu as 3 à 5 confirmations de locomotives, contacte le gros de ta liste. Les experts avec des audiences moyennes mais engagées. C’est la colonne vertébrale de ton programme. Mentionne les noms déjà confirmés dans tes messages.
Tes ajustements (semaine 4)
À ce stade, tu vois les trous dans ton programme. Tel sous-sujet n’est pas couvert. Tel profil manque pour la diversité. Tu fais des recherches ciblées pour combler les manques et tu contactes les profils de ta liste qui correspondent.
Cette approche par vagues te donne un avantage psychologique considérable. Au lieu de te retrouver avec 50 conversations à gérer simultanément, tu avances par paliers, avec de plus en plus de confirmations à chaque étape. Et chaque confirmation renforce ta confiance pour la suivante.
Étape 5 : enrichir ta liste en continu
Ta liste de 50 n’est pas figée. Tout au long du processus de recrutement, de nouveaux noms vont émerger. Par le bouche-à-oreille, par les recommandations de tes premiers intervenants confirmés, par tes propres découvertes en consommant du contenu sur ta thématique.
Ajoute-les au fur et à mesure. Et surtout, conserve ta liste après le sommet. Les noms que tu n’as pas contactés ou qui ont décliné cette fois-ci sont les premiers candidats pour ton prochain événement. Au fil des éditions, ta liste d’intervenants potentiels devient un actif précieux. Une base de données de relations professionnelles qui s’étoffe sommet après sommet.
Certains intervenants qui disent “non” aujourd’hui diront “oui” dans six mois, quand ils auront vu le succès de ton premier événement. Et certains de tes participants deviendront eux-mêmes d’excellents intervenants pour les éditions suivantes.
Ta liste de 50 commence par un premier nom
On vient de parcourir une méthode complète. Mais ne laisse pas la méthodologie devenir un prétexte pour ne pas commencer. Tu n’as pas besoin de maîtriser les 7 sources et les 5 colonnes du tableur avant de noter ton premier nom.
Ouvre un document. Écris le nom de la première personne qui te vient en tête quand tu penses à ta thématique. Puis la deuxième. Puis la troisième. Tu verras qu’une fois lancé(e), les noms appellent les noms. Un expert te fait penser à un autre, un podcast te mène à un blog, un commentaire te révèle un profil que tu ne connaissais pas.
En quelques sessions de recherche, tu auras tes 50 noms. Et avec eux, les fondations d’un sommet qui ne ressemblera à aucun autre, parce que la combinaison d’intervenants que tu vas réunir sera unique, à l’image de ta vision et de ta thématique.
Prêt.e à transformer cette liste en confirmations ? Notre guide complet sur les intervenants de ton sommet en ligne t’accompagne pour la suite : rédiger le message d’invitation, briefer tes experts et gérer la relation du premier email jusqu’à l’après-sommet. Et si tu veux affiner tes critères de sélection, notre article sur comment choisir les bons intervenants va plus en profondeur sur ce qui distingue un casting mémorable d’un casting quelconque.



Merci, ça me donne des idées de Sommet… Même si ça n’est pas encore d’actualité mais franchement, c’est une très bonne manière de se faire connaître.
Tout à fait !
Et même si ce n’est pas d’actualité… on sème des graines, qui fleuriront un jour !